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Tome II.
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r*6a BÉRÉNICE.

Rome peut par son choix justifier le mien :

Non, noïi, encore un coup, ne précipitons rien.

Que Rome avec ses lois mette dans la balanceTant de pleurs, tant d'amour, tant de persévérance;Rome sera pour nous.... Titus, ouvre les yeux :

Quel air respires-tu? N’es-tu pas dans ces lieuxOù la haine des rois, avec le lait sucée,

Par crainte ou^>ar amour ne peut être effacée?

Rome jugea ta reine en condamnant ses rois.

N’as-tu pas en naissant entendu cette voix?

Et n’as-tu pas encore ouï la renomméeT’annoncer ton devoir jusque dans ton armée?

Et lorsque Bérénice arriva sur tes pas,

Ce que Rome en jugeoit ne l’entendis-tu pas?

Faut-il donc tant de fois te le faire redire?

Ah, lâche! fais l’amour et renonce à l’empire;

Au bout de l’univers va, cours te confiner,

Et fais place h des cœurs plus dignes de régner.

Sont-ce là ces projets de grandeur et de gloireQui devoient dans les cœurs consacrer ma mémoire?Depuis huit jours je règne, et, jusques à ce jour,Qu’ai-je fait pour l’honneur ? J’ai tout fait pour l’amour.D’un temps si précieux quel compte puis-je rendre?

Où sont ces heureux jours que je faisoîs attendre?

Quels pleurs ai-je séchés? dans quels yeux satisfaitsAi-je déjà goûté le fruit de mes bienfaits?

L’univers a-t-il vu changer ses destinées?

Sais-je combien le ciel ma compté de journées?

Et de ce peu de jours, si long-temps attendu*,

Ab , malheureux! combien j’en ai déjà perdes!