BÉRÉNICE.
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BÉRÉNICE.
Ah, cruel! est-il temps de rne le déclarer?
Qu’avez-vous fait? Hélas! je me suis crue aimée;
Au plaisir de vous voir mQn ame accoutuméeNe vit plus que pour vous : ignoriez-vous vos loisQuand je vous l’avouai pour la première fois?
A quel excès d’amour m’avez-vous amenée!
Que ne me disiez-vous, Princesse infortunée,
Oh vas-tu t’engager, et quel est ton espoir?
Ne donne point un cœur qu’on ne peut recevoir!
Ne l’avez-vous reçu, cruel, que pour le rendre ^
Quand de vos seules mains ce cœur voudroît dépendre?Tout l’empire a vingt fois conspiré contre nous :
Il étoit temps encor; que ne me quittiez-vous?
Mille raisons alors consoloient ma misère :
Je pouvois de ma mort accuser votre père, -Le peuple, le sénat, tout l'empire romain.
Tout ï’imivcrs, plutôt qu’une si chère main.
Leur haine, dès long-temps contre moi déclarée,M’avoit à mon malheur dès iong-lemps préparée.
Je n’aurois pas, seigneur,«reçu ce coup cruelDans le temps que j’espère un bonheur immortel,Quand votre heureux amour peut tout ce qu'il désire,Lorsque Rome se tait, quand votre père expire,Lorsque tout l'univers fléchit à vos genoux,
Enfin quand je n’ai plus à redouter que vous.
TITUS.
Et c’est moi séUl aussi qui pouvois me détruire.
Je pouvois vivçc alors et me laisser séduire >