ACTE V, SCÈNE V.il ne restera plus qu’un triste souvenir !'
Qu’on cherche Àntiochus ; qu’on le fasse venir.
( Bérénice 5e laisse tomber sur un siège. )
SCÈNE VI.
TITUS, BÉRÉNICE.
TITUS.
Madame, il faut vous faire un aveu véritable.
Lorsque j’envisageai le moment redoutableOù, pressé par les lors d’un austère devoir ,îl falloit pour jamais renoncer ù vous voir;
Quand de ce triste adieu je prévis les approches,
Mes craintes, mes combats, vos larmes, vos reproches*3e préparai mon ame à toutes les douleursQue peut faire sentir le plus grand des malheurs :Mais, quoi que je craignisse, il faut que je le die,-Je ucn avois pre'vu que la moindre partie ;
Je croyois ma vertu moins prête à succomber,
Et j’ai licmte du trouble où je la vois tomber.
J’ai vu devant mes yeux Rome entière assemblée ;•
Le sénat m’a parlé : mais%ion ame accabléeÈcoutoit sans entendre, et ne leur a laissé ,
Pour prix de leurs transports, qu’un silence glacé:Rome de votre sort est encore incertaine :
Moi même à tous moments je me souviens à peineSi je suis empereur, ou si je suis'Romain.
Je suis venu vers vous sans savoir mon dessein :
Mon amour m’entraînoit, et je venois peut-êtrePour me chercher moi-même, et pour me reconnoUre.