: i8o ' BÉRÉNICE.
Qu’ai-je trouvé ? Je vois la mort peinte en vos yeux jJe vois pour la chercher que vous quittez ces lieux.C’en est trop. Ma douleur, à cette triste vue,
A son dernier excès est enfiî: Parvenue :
Je ressens tous les maux que je puis ressentir.
Mais je vojj le chemin par où j’en puis sortir.
Ne vous attendez point que, las de tant d’alarmes,Par un heureux hymen je tarisse vos larmes ;
En quelque extrémité que vous m’ayez réduit.
Ma gloire inexorable à toute heure me suit;
Sans cesse elle présente à mon ame étonnéeL’empire incompatible avec votre hyménée,
Me dit qu’après l’éclat et les pas que j’ai faitsJe dois vous épouser encor moins que jamais.
Ouï, madame, et je dois moins encore vous direQue je suis prêt pour vous d’abandonner l’empire,
De vous suivre, et d’aller, trop content de tfies fers,Soupirer avec vous au bout de l’univers :
Vous-même rougiriez de ma lâche conduite :
Vous veniez à regret marcher à votre suiteUn indigne empereur sans empire, sans cour,
Vil spectacle aux humains des foiblesses d’atnour.Pour sortir des tourments dont mon ame est la proie,Il est, vous le savez, une plus noble voie ;
Je me suis vu, madame, enseigner ce cheminEt par plus d’un héros et par plus d’un Romain :Lorsque trop de malheurs ont lasse' leur constance,Ils ont tous expliqué cette persévéranceDont le sort s’altachoit à les persécuter,
Comme un ordre secret de n y plus résister.