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Tome II.
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A C T K I, SCÈNE I. 193

Il se souvient toujours que son inimitiéVoulut de ce grand corps retrancher la moitié,

Lorsque, pour affermir sa puissance nouvelle,

Il vouloit, disoit-il, sortir de leur tutelle.

Moi-même j’ai souvent entendu leurs discours ;

Comme il les craint sans cesse, ils le craignent toujours 1Ses caresses n’dïfr point effacé cette injure.

Votre absence est pour eux un sujet de murmure :

Ils regrettent le temps à leur grand cœur si doux,Lorsqu’assurés de vaincre ils comhaüoient sous vous;ACOIVlAT.

Quoi ! tu croîs, cher Osmin, que ma gloire passéeFlatte encor leur valeur, et vit dans leur pensée?

Crois-tu qu’ils me suivroient encore avec plaisir v '

Et qu’ils rcconnoîtroient la voix de leur vizir ?.

OSMIN.

Le succès du combat réglera leur conduite :

Il faut voir du sultan la victoire ou la fuite.

Quoiqu’à regret, seigneur, ils marchent sous ses lois,

Ils ont h. soutenir le bruit de leurs exploits :

Ils ne trahiront point l’honneur de tant d’années.

Mais enfin le succès dépend des destinées.

Si l’heureux Àmurat, secondant leur grand cœur,

Aux champs de Babylone est déclaré vainqueur,

Vous les verrez soumis rapporter dans ByzanceL exemple d’une aveugle et basse obéissance :

Mais si dans le combat le destin plus puissantMarque de quelque affront son empire naissant,

S il fuit; ne doutez point que, fiers de sa disgrâce,

A la haine bientôt iis ne joignent l’audace,

Racine 2.

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