i&î BAJA2ET.
Et n'expliquent, seigneur, la perte du combatComme un arrêt du ciel qui réprouve Amurat.Cependant, s’il en faut croire la renommée,
Il a depuis trois mois fait partir de l'arméeUn esclave chargé de quelque ordre secret.
Tout le camp interdit trembloit pour Tajazet iOn craignoit qu’Amurat, par un ordre sé^lre,l’envoyât demander la tête de son frère.
ACOMAT.
Tel étoit son dessein. Cet esclave est venu :
U a montré son ordre, et n’a rien obtenu.
o s m I N.
Quoi, seigneur! le sultan reverra son visage,
Sans que de vos respects il lui porte ce gage?
ACOMAT.
Cet esclave n’est plus : un ordre, cher Osmin,
L’a fait précipiter dans le fond de l’Euxin
OSM1N.
Mais le sultan, surpris d’une trop longue absence,En cherchera bientôt la cause et la vengeance.Que lui répondrez-vous?
ACOMAT.
Peut-être avant ce tempsJe saurai l’occuper de soins plus importants.
Je sais bien qu’Amurat a juré ma ruine :
Je sais h son retour l’accueil qu’il me destine.
Tu vois, pour m’arracher du cœur de ses soldats,Qu’il va chercher sans moi les sièges, les combatsIl commande l’armée; et moi, dans une villeIl me laisse exercer un pouvoir inutile.