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Tome II.
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ACTE I, SCÈNE tlï. ‘

Parmi tant de beautés qui bri ;ucnt leur tendresse,

Ils daignent quelquefois choisir une maîtresse :

Mais, toujours inquiète avec tous ses appas,

Esclave, elle reçoit sou maître dans ses bras;

Et, sans sortir du joug où leur loi la condamne,

Il faut qu’un fils naissant la déclare sultane.

Amurat plus ardent, et seul jusqu’à ce jour,

A voulu que l’on dût ce titre à son amour.

J'en reçus la puissance aussi-bien que le titre ;

Et des jours de son frère il me laissa l’arbitre.

Mais ce même Amurat ne me promit jamaisQue l'hymen dut un jour couronner ses bienfaits :

Kt moi, qui n’aspirois qu’à cette seule gloire,

De ses outres bienfaits j’ai perdu la mémoire.

Toutefois que sert-il de me justifier?

Bajazcl, il est vrai, m’a tout fait oublier :

Malgré tous ses malheurs, plus heureux que son frère,Il m’a plu, sans peut-être aspirer à me plaire ;Femmes, gardes, vizir, pour lui j’ai tout séduit;

En un mot, vous voyez jusqu’où je l’ai conduit.Grâces à mon amour, je me suis bien servieDu pouvoir qu’Amurat me donna sur sa vie.

Bajazet touclie presque au trône des sultans : •

Il ne faut plus qu’un pas ; mais c’est où je l’attends.Malgré tout mon amour, si dans cette journéeH ne m’attache à lui par un juste hyménée;

S’il ose m’alléguer une odieuse loi ;

Quand je fais tout pour lui, s’il ne fait tout pour moi;Dès le même moment, sans songer si je l’aime,

Sans consultci enfin si je me perds moi-jnême,