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ACTE I, SCÈNE tlï. ‘
Parmi tant de beautés qui bri ;ucnt leur tendresse,
Ils daignent quelquefois choisir une maîtresse :
Mais, toujours inquiète avec tous ses appas,
Esclave, elle reçoit sou maître dans ses bras;
Et, sans sortir du joug où leur loi la condamne,
Il faut qu’un fils naissant la déclare sultane.
Amurat plus ardent, et seul jusqu’à ce jour,
A voulu que l’on dût ce titre à son amour.
J'en reçus la puissance aussi-bien que le titre ;
Et des jours de son frère il me laissa l’arbitre.
Mais ce même Amurat ne me promit jamaisQue l'hymen dut un jour couronner ses bienfaits :
Kt moi, qui n’aspirois qu’à cette seule gloire,
De ses outres bienfaits j’ai perdu la mémoire.
Toutefois que sert-il de me justifier?
Bajazcl, il est vrai, m’a tout fait oublier :
Malgré tous ses malheurs, plus heureux que son frère,Il m’a plu, sans peut-être aspirer à me plaire ;Femmes, gardes, vizir, pour lui j’ai tout séduit;
En un mot, vous voyez jusqu’où je l’ai conduit.Grâces à mon amour, je me suis bien servieDu pouvoir qu’Amurat me donna sur sa vie.
Bajazet touclie presque au trône des sultans : •
Il ne faut plus qu’un pas ; mais c’est où je l’attends.Malgré tout mon amour, si dans cette journéeH ne m’attache à lui par un juste hyménée;
S’il ose m’alléguer une odieuse loi ;
Quand je fais tout pour lui, s’il ne fait tout pour moi;Dès le même moment, sans songer si je l’aime,
Sans consultci enfin si je me perds moi-jnême,