ACTE II, SCÈNE III.
Du sérail, s’il le faut, venez forcer la porte?
Entrez accompagné de leur vaillante escorte/J’aime mieux en sortir sanglant, couvert de coups,Que chargé malgré moi du nom de son époux.Peut-être je saurai, dans ce désordre extrême,
Par un beau désespoir me secourir moi-même ;Attendre, en combattant, l’effet de votre foQEt vous donner le temps de venir jusqu’à moi.
ACOMAT.
Jîé! pourrai-je empêcher, malgré ma diligence,Que Roxane d’un coup n’assure sa vengeance ?Alors qu’aura servi ce zèle impétueux,
Qu’à charger vos amis d’un crime infructueux?Promettez : affranchi du péril qui vous presse,Vous verrez de quel poids sera votre promesse.
B AJ a z E T.
2 I y
Moi !
ACOMAT.
Ne rougissez point : le sang des OttomansNe doit point en esclave obéir aux serments.Consultez ces héros que le droit de la guerreMena victorieux jusqu’au bout de la terre :libres dans leur victoire, et maîtres de leur foi,L’intérêt de l’état fut leur unique loi;
Et d’un trône si saint la moitié n’est fondéeQue sur la foi promise et rarement gardée.
Je m’emporte, seigneur.
b A j A z e t.
Oui, je sais, Acomat,Jusqu’où les a portés l’intérêt de l’état :
Racine. 2.
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