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Tome II.
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B A J A Z E T.

Mais, hélas ! épargnez une ame plus timideMesurez vos mallicurs aux forces d’Atalide ;

Et ne m’exposez point aux plus vives douleursQui jamais d’une amante épuisèrent les pleurs.

B a J A ZET.

Et que deviendrez-vous, si, dès cette journée,

Je célèbre à vos yeux ce funeste h y me née ?

AT AUDE.

Ne vous informez point ce que je deviendrai.Peut-être A mon destin, seigneur, j’obéirai.

Que sais-je? à ma douleur je chercherai des charmesJe songerai peut-être, au milieu de mes larmes,

Qu’à vous perdre pour moi vous étiez résolu,

Que vous vivez, qu’enfin c’est moi qui l’ai voulu.

B AJ ÀZET.

Non, vous ne verrez point celle fête cruelle.

Plus vous me commandez de vous être infidèle,Madame, plus je vols combien vous méritez ,De ne point obtenir ce que vous souhaitez.

Quoi ! cct amour si tendre, et né dans notre enfance,Dont les feux'avec nous ont crû dans le silence ;

Vos larmes que ma main pouvoit seule arrêter;

Mes serments redoublés de ne vous point quitter :Tout cela finiroit par une perfidie ?

J opouserois, et qui? s’il faut que je le die.

Une esclave attachée à ses seuls inte'rêts,

Qui présente à mes yeux les supplices tout prêts,

Qui m’offre ou sou hymen, ou la mort infaillible ;

Tf ndis qu’à mes périls Àtalide sensible,

Et trop digne du sang qui lui donna le jour,