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Tome II.
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ACTE II, S'CE NE V.

Je vous Pavois prédit : mais vous l’avez voulu;

J’ai reculé vos pleurs autant que je l’ai pu.

Belle Atalide, au nom de cette complaisance,Daignez de la sultane éviter U présence :

Vos pleurs vous trahiroient; cachez-Ies à ses yeux,Et ne prolongez point de dangereux adieux.

AT AL 2DE.

Non , seigneur. Vos bontés pour une infortunéeOnt assez disputé contre la destinée.

Il vous en coûte trop pour vouloir m'épargner :

Il faut vous rendre ; il faut me quitter, et régner.

•BAJAZET.

Vous quitter?

ATALIDE.

Je le veux. Je me suis consultée.De mille soins jaloux jusqu’alors agitée,

Il est vrai, je n’ai pu concevoir sans effroiQue Bajazet pût vivre et n’être plus à moi ;

Et lorsque quelquefois de ma rivale heureuseJe me représentois l’image douloureuse,

Votre mort (pardonnez aux fureurs des amants)Ne me paroissoit pas le plus grand des tourments.Mais à mes tristes yeux votre mort préparéeDans toute son horreur ne s’étoit pas montrée :

Je ne vous voyois pas, ainsi que je vous vois,

Prêt à me dire adieu pour la dernière fois.Seigneur, je sais trop bien avec quelle constanceVous allez de la mort affronter la présence ;

Je sais que votre cœur se fait quelques plaisirsDe me prouver sa foi dans ses derniers soupirs :