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Tome II.
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H,Ï2

B A J A Z E T.

Oh ciel î combien de fois je l'aurais éclaircie,

Si je n’eusse à sa haine exposé que ma vie ;

Si je n’avois pas craint que ses soupçons jalouxN’eussent trop aisément remonté jusqu’à vous !

Et j’irois l’abuser d’une fausse promesse ?

Je me parjurerons? et, par cette bassesse...

Àh! loin de m’ordonner cet indigne détour,

Si votre cœur étoit moins plein de son amour,

Je vous verrais, sans doute, en rougir la première.Mais, pour vous épargner une injuste prière,

Adieu, je vais trouver Roxane de ce pas ;

Et je vous quitte.

ÀTALIDE.

Et moi, je ne vous quitte pas.Venez, cruel, venez, je vais vous y conduire;

Et de tous nos secrets c’est moi qui veux l'instruire;Puisque, malgré mes pleuré, mon amant furieuxSe fait tant de plaisir d’expirer à mes yeux,

Roxane, malgré vous, nous joindra l’un et l’autre :Elle aura plus de soif de mon saDg que du vôtre ;

Et je pourrai donner à vos yeux effrayésLe spectacle sanglant que vous me prépariez.

BAJAZET.

Oh ciel 1 que faites-vous?

ATALIDE.

Cruel ! pouvez-vous croireQue je sois moins que vous jalouse de ma gloire?Pensez-vous que cent fois, en vous faisant parler, •

Ma rougeur ne fût pas prête à me déceler?