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Tome II.
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*4$ BAJAZET.

R O X A N E.

Avec quelle insolence et quelle cruauté'

Ils se jouoient tous deux de ma crédulité !

Quel penchant, quel plaisir je sentois à les croire!

Tu ne remportoîs pas une grande victoire,

Perfide, en abusant ce cœur préoccupé,

Qui lui-même craignoit de se voir détrompé !

Moi qui, de ce haut rang qui me rendoit si fière,

Dans le sein du malheur t ai cherché la premièrePour attacher des. jours tranquilles,.fortunésAux périls dont tes jours étoient environnés ;

Après tant de bonté, de soin, d’ardeurs extrêmes,

Tu ne saurois jamais prononcer que tu m’aimes 1Mais dans quel souvenir me laisse-je égarer?

Tu pleures, malheureuse ! Ali ! tu devois pleurer••Lorsque, d’un vain désir h ta perte poussée,

Tu conçus de le voir la première pensée.

Tu pleures ! et l’ingrat, tout prêt à te trahir,

Prépare les discours dont il veut t’éblouir ;

Pour plaire à ta rivale, il prend soin de sa vie.

Ah, traître ! tu mourras !... Quoi ! tu n’es point partieVa. Mais nous-même allons, précipitons nos pas :Qu’il me voie, attentive au soin de son trépas,

Lui montrer à la fois, et l’ordre de son frère,

Et de sa trahison ce gage trop sincère.

Toi, Zatime, retiens ma rivale ^n ces lieux.

Qu’il n’ait, en expirant, que ses cris pour adieux.Qu’elle soit cependant fidèlement servie;

Prends soin d’elle : ma haine a besoin de sa vie.

Ah ! si, pour son amant facile à s’attendrir,