PRÉFACE. a;-5
ses desseins bien plus à la grandeur de son cou-rage qu’au mauvais état de ses affaires ; bien ré-solu, si son entreprise ne rcussissoit point , defaire une fin digne d'un grand roi, et de s’enseve-lir lui-même sous les ruines de son empire , plu-tôt que de vivre dans l’obscurité et dans la bas-sesse.
J’ai choisi Monime entre les femmes que Mi-thridate a aimées. Il paroit que c’est celle datoutes qui a été la plus vertueuse , et qu'il a aiméele plus tendrement. Plutarque semble avoir prisplaisir à décrire le malheur et les sentiments decette priucesse. C’est lui qui m’a donné 1 idée clc*Monime ; et c’est en partie sur la peinture qu’il en afaite que j’ai fondé un caractère que je puis dire qui.n'a point déplu. Le lecteur trouvera (bon que jerapporte ses paroles telles qu’Amyot les a tra-duites ; car elles ont une grâce dans le vieux stylede ce traducteur, que je ne crois point pouvoirégaler dans notre langue moderne.
« Cette-ci estoit fort renommée entre les Grecs,pour ce que quelques sollicitations que lui sceustfaire le roi en estant amoureux, jamais ne voulutentendre à toutes ses poursuites jusqua ce qu’il yeusi accord de mariage passé entre eux, et qu’illui eust envoyé le diadème ou bandeau royal, et.rppeilée royne. La pauvre dame, depuis que ceroi l’eut espousée , avoit vécu en grande desplai-sance , ne faisant continuellement autre chose quede plorer la malheureuse beauté de son corps , la-