M IT H RIDAT E.
290'
Sous ce titre funeste il se vit immoler;
Et c’est de quoi, seigneur, j’ai voulu vous parler.Quelque juste fureur dont je sois animée,
Je ne puis point à Rome opposer une armée;
Inutile témoin de tous ses attentats,
Je n’ai pour me venger ni sceptre ni soldats :
Enfin, je n’ai qu’un cœur. Tout ce que je puis faire,C’est de garder la foi que je dois à mon père,
De ne point dans son sang aller tremper mes mainsEn épousant en vous l’allié des Romains.
PHARNACE.
Que parlez-vous de Rome et de son alliance?Pourquoi tout ce discours et cette défiance?
Qui vous dit qu’avec eux je prétends m’allier?
MOSIME.
Mais vous-méme, seigneur, pouvez-vous le nier?Comment m’ofïVirisz-vous l’entrée et la couronneD’un pays que par-tout leur armée environne,
Si le traité secret qui vous lie aux RomainsNe vous en assuroit l’empire et les chemins?
' PHARNACE.
De mes intentions je pourrais vous instruire,
Et je sais les raisons que j’aurois a vous dire,
Si, laissant en effet les vains déguisements,
Vous m’aviez expliqué vos secrets sentiments.
Mais enfin je commence, après tant de traverses.Madame, à rassembler vos excuses diverses;
Je crois voir l'intérêt que vous voulez celer,
Et qu'un autre qu’un père ici vous fait parler.