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Tome II.
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M ÎTHR1D AT E.

D’autres temps, d’autres soins. L’Orient accabléNe peut plus soutenir leur effort redoublé *.

Il voit plus que jamais ses campagnes couvertesDe Romains que la guerre enrichit de nos pertes.

Des biens des nations ravisseurs altérés,

Le bruit de nos trésors les a tous attirés ;

Ils y courent en foule, et, jaloux l’un de l’autre,Désertent leur pays pour inonder le nôtre.

Moi seul je leur résiste : ou lassés, ou soumis,

Ma funeste amitié pèse h tous mes amis ;

Chacun à ce fardeau veut dérober sa tête.

Le grand nom de Pompée assure sa conquête ;

C’est l’effroi de l’Asie; et, loin de l’y chercher,

C’est à Rome, mes fils, que je prétends marcher.'

Ce dessein vous surprend ; et vous croyez peut-êtreQue le seul désespoir aujourd’hui le fait naître.J’excuse votre erreur : et, pour être approuvés,

De semblables projets veulent être achevés.

Ne vous figurez point que de cette contréePar d’éternels remparts Rome soit séparée :

Je sais tous les chemins par où je dois passer ;

Et, si la mort bientôt ne me vient traverser,

Sans reculer plus loin l’effet de ma parole,

Je vous rends dans trois mois au pied du Capitole.Doutez-vous que l’Euxin ne me porte en deux joursAux lieux où le Danube y vient finir son cours ?

Que du Scythe avec moi l’alliance juréeDe l’Europe en ces lieux ne me livre l’entrée ?

Recuehli dans leurs ports, accru de leurs soldats,

Nous verrons notre camp grossir à chaque pas.