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D’autres temps, d’autres soins. L’Orient accabléNe peut plus soutenir leur effort redoublé *.
Il voit plus que jamais ses campagnes couvertesDe Romains que la guerre enrichit de nos pertes.
Des biens des nations ravisseurs altérés,
Le bruit de nos trésors les a tous attirés ;
Ils y courent en foule, et, jaloux l’un de l’autre,Désertent leur pays pour inonder le nôtre.
Moi seul je leur résiste : ou lassés, ou soumis,
Ma funeste amitié pèse h tous mes amis ;
Chacun à ce fardeau veut dérober sa tête.
Le grand nom de Pompée assure sa conquête ;
C’est l’effroi de l’Asie; et, loin de l’y chercher,
C’est à Rome, mes fils, que je prétends marcher.'
Ce dessein vous surprend ; et vous croyez peut-êtreQue le seul désespoir aujourd’hui le fait naître.J’excuse votre erreur : et, pour être approuvés,
De semblables projets veulent être achevés.
Ne vous figurez point que de cette contréePar d’éternels remparts Rome soit séparée :
Je sais tous les chemins par où je dois passer ;
Et, si la mort bientôt ne me vient traverser,
Sans reculer plus loin l’effet de ma parole,
Je vous rends dans trois mois au pied du Capitole.Doutez-vous que l’Euxin ne me porte en deux joursAux lieux où le Danube y vient finir son cours ?
Que du Scythe avec moi l’alliance juréeDe l’Europe en ces lieux ne me livre l’entrée ?
Recuehli dans leurs ports, accru de leurs soldats,
Nous verrons notre camp grossir à chaque pas.