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ACTE III, SCÈNE I.
Daces, Pannoniens, la fière Germanie,
Tous n attendent qu’un clief contre la tyrannie :Vous avez vu l’Espagne, et sur-tout les Gaulois,Contre ces memes murs qu’ils*ont pris autrefoisExciter ma vengeance, et, jusque dans la Grèce,
Par des ambassadeurs accuser ma paresse :
Ils savent que, sur eux prêt à se déborder,
Ce torrent, s’il m’entraîne, ira tout inonder;
Et vous les verrez tous, prévenant son ravage,Guider dans l’Italie et suivre mon passage.
C’est là qu’en arrivant, plus qu’en tout le chemin,Vous trouverez par-tout l’horreur du nom romain,Et la triste Italie encor toute furfïanteDes feux qu’a rallumés sa liberté mourante.
Non, princes, ce n’est point au bout de l’universQue Rome fait sentir tout le poids de ses fers :
Et de près inspirant les haines les plus fortes,
Tes plus grands ennemis, Rome, sont à tes portes.Ah ! s'ils ont pu choisir pour leur libérateurSpartacus, un esclave, un vil gladiateur ;
S’ils suivent au combat des brigands qui les vengent ;De quelle noble ardeur pensez-vous qu’ils se rangentSous les drapeaux d’un roi long-temps victorieux,Qui voit jusqu’à Cyrus remonter ses aïeux?
Que dis-je ? en quel état croyez-vous la surprendre ?Vide de légions qui la puissent défendre,
Tandis que tout s’occupe à me persécuter,
Leurs femmes, leurs enfants pourront-ils m’arrêter ?
Marchons, et dans son sein rejetons cette guerreQue sa fureur envole aux deux bouts de la terre;Racine. 2. 2y