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Tome II.
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ACTE IY, SCÈNE ÎV.

Quelque rang où jadis soient montés mes aïeux,

Leur gloire de si loin n’éblouit point mes yeux.

Je songe avec respect de combien je suis néeAu-dessous des grandeurs d’un si noble hyménée :

Et, malgré mon penchant et mes premiers desseinsPour un fils, après vous, le plus grand des humains,Du jour que sur mon front on mit ce diadème,

Je renonçai, seigneur, à ce prince, h. moi-même.

Tous deux d’intelligence à nous sacrifier,

Loin de moi, par mon ordre, il couroit m’oublier.Dans l’ombre du secret ce feu s’alloit éteindre;

Et même de mon sort je ne pouvois me plaindre,Puisqu enfin, aux dépens de mes vœux les plus doux,Je faisois le bonheur d’un héros tel que vous.

Vous seul, seigneur, vous seul, vous m’avez arrachéeÀ cette obéissance où j’étois attachée ;

Et ce fatal amour dont j’avois triomphé,

Ce feu que dans l’oubli je croyois étouffé,

Dont la cause à jamais s’éleignoit de ma vue ,

Vos détours l’ont surpris, et m’en ont convaincue.

Je vous l’ai confessé, je le dois soutenir :

En vain vous en pourriez perdre le souvenir;.

Et cet aveu honteux où vous m’avez forcéeDemeurera toujours présent à ma pensée,

Toujours je vous croirois incertain de ma foi;

Et le tombeau, seigneur, est moins triste pour moiQue le lit d’un époux qui m’a fait cet outrage,

Qui s’est acquis sur moi ce cruel avantage,

Et qui, me préparant un eternel ennui,

M’a fait rougir d’un feu qui n’étoit pas pour lui.