334 MITHRIDÀTE.
Et, négligeant pour vous tant d’heureux alliés,Quelle foule d états je mettois à vos pieds.
Ali ! si d’un autre amour le penchant invincibleDès-lôrs à mes bontés vous rendoit insensible,Pourquoi chercher si loin un odieux époux ?
Avant que de partir., pourquoi vous taisiez-vous?Attendiez-vous,, pour faire un aveu si funeste,
Que le sort ennemi m’eût ravi tout le reste ,
Et que, de toutes parts me voyant accabler,
J’eusse en vous le seul bien qui me pût consoler ?Cependant, quand je veux oublier cet outrage ^
Et cacher h mon cceur*:ctte funeste image,
Vous osez à mes yeux rappeler le passé îVous m’accusez encor, quand je suis offensé !
Je vois que pour un traître un fol espoir vous flatte. 1A quelle épreuve, ô ciel, réduis-tu Mitliridate?
Par quoi charme secret laissé-je retenirCe courroux si sévère et si prompt à punir ?
Profitez du moment que mon amour vous donne :Pour la dernière fois , venez, je vous l’ordonne.JV’attirez point sur vous des périls superflus,
Pour un fils insolent que vous ne verrez plus.
Sans vous parer pour lui d’une foi qui m’est due,Perdez-en la mémoire aussi-bien que la vue ;
El, désormais, sensible à ma seule bonté,
Méritez le pardon qui vous est présenté.
MONIME.
Je n'ai point oublié quelle reconnoissance,Seigneur, m’a dû ranger sous votre obéissances