MITHRIDATE.
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J’ai vengé 1 univers autant que je l’ai pu :
I.a mort dans ce projet m’a seule interrompu.Ennemi des Romains et de la tyrannie,
Je n ai point de leur joug subi l'ignominie jEt j’ose me flatter qu’entre les noms fameuxQu’une pareille haine a signalés contre euxNul ne leur a plus fait acheter la victoire,
Ni de jours malheureux plus rempli leur histoire.
Le ciel n’a pas voulu qu’achevant mon desseinRome en cendre me vît expirer dans son sein :
Mais au moins quelque joie en mourant me console?J’expire environné d’ennemis que j’immole ;
Dans leur sang odieux j’ai pu tremper mes mains?Et mes derniers regards ont vu fuir les Romains. 1À mon fils Xipharès je dois cette fortune ;
Il épargne à ma mort leur présence importune.
Que ne puis-je payer ce service importantDe tout ce que mon trône eut de plus éclatant !
Mais vous me tenez lieu d’empire, de couronne ;Vous seule me restez : souffrez que je vous donne,Madame ; et tous ces vœux que j’exigecis de vous,Mon cceur pour Xipharès vous les demande tous.
MOSIME.
Vivez, seigneur, vivez pour le bonheur du monde,Et pour sa liberté qui sur vous seul se fonde ;
Vivez pour triompher d’un ennemi vaincu,
Pour venger.».'
MITHUIDÀTEi
C’en est fait, madame, et j’ai vécu.