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Tome V.
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A SES AMIS. ÿ3

s-avez bien vous-mème que les meilleurs esprits setrouveraient embarrassés s’il leur falloit toujoursécrire sans recevoir de réponse. Écrivez-moi sou-vent ; vos lettres me donnent courage, et m'aidentà pousser le temps par l'épaule, comme on ditdans ce pa^s-ci.

M. le prince de Conti est à trois lieues de cetteville, et se fait furieusement craindre dans la pro-vince : il fait rechercher les vieux crimes, qui sonten fort grand nombre.; il a fait emprisonner plu-sieurs gentilshommes, et en a écarté beaucoupd’autres. 'Une troupe de comédiens s’étoit venueétablir dans une petite ville proche d’ici; il ies achassés, et ils ont repassé le Rhône. Les gens duLanguedoc ne sont pas accoutumés à pareille ré-forme ; il faut pourtant plier.

Je ne saurais écrire à d’autres qù a vous aujour-d’hui; j’ai l’esprit embarrassé; je ne suis en étatque de parler procès , ce qui scandaliserait ceux àrqui j’ai coutume d’écrire : tout le monde n’a pas lapatience que vous avez pour souffrir mes folies.Outre que mon oncle est au Ut, et que je suis fortassidu auprès de lui, il est tout-à- fait bon , et jecrois que c’est le seul de sa communauté qui aitlame tendre et généreuse. Je souhaite qu’il fassequelque chose pour moi. Je puis cependant vousprotester que je ne suis pas ardent pour les bénévlices; je n'en souhaite que pour vous pajer quelqueméchante partie de tout ce que je vous dois. Jémeurs d’envie de voir vos deux infantes.

ilaciue» 5.