ET DE BOILEAU. Si
prochain.. Le prétexte est la rougeole de M. lecomte de Toulouse ; mais le vrai est apparemmentque le roi a pris goût à sa conquête 1 , et qu’iln'est pas fâché de l’examiner tout à loisir. Il a déjàconsidéré toutes les fortifications l’une aprèsl'autre, est entré jusque dans les contre-mines duchemin couvert, qui sont fort belles, et sur-tout aété fort aise de voir ces fameuses redoutes entreles deux chemins couverts, lesquelles ont tantdonné de peine à M. de Vauban. Aujourd’hui leroi va examiner la circonvallation, c’est-à-direfaire un tour de sept ou huit lieues. Je ne vous faispoint le détail de tout ce qui m*a paru ici de mer-veilleux; qu’il vous suffise que je vous en rendraibon compte quand nous nous verrons, et que jevous ferai peut-être concevoir les choses commesi vous y aviez été. M. de Vauban a été ravi de mevoir, et, ne pouvantpa6 venir avec moi,m’a donnéun ingénieur qui m’a mené par-tout. Il m’a aussiabouché avecM. d’Espagne, gouverneur de Tliion*ville , qui se signala tant à Saint-Gothard , et quim’a fait souvenir qu’il avoit souvent bu avec moià l’auberge de M. Poignant, et que nous étions,Poignant et moi, fort agréables avec feu M. deBernage , évêque de Grasse. Sérieusement, ceM. d’Espagne est un fort galant homme, et il m’a
1 Le roi fit en 1687 un voyage à Luxembourg, qu’ilavoit pris trois ans auparavant. (Tout indique que cettelettre est de l’année 1687.)