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Tome V.
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ET DE BOILEAU. ç>5

LETTRE VI.

A RACINE.

Bourbon, 9 août 1687.

Je vous demande pardon du gros paquet que jevous envoie; mais M. Bourdier mon médecin acru qu'il étoit de son devoir décrire à M. Fagonsur ma maladie. Je lui ai dit qu’il falloit queM. Dodart vît aussi la chose; ainsi nous sommesconvenus de vous adresser sa relation. Je vousenvoie.un compliment pour*M. de La Brujère.

J’ai été sensiblement affligé de la mort de M. deSaint-Laurent. Franchement, notre siècle se dé-garnit fort de gens de mérite et de vertu; et sansceux qu’on écarte sous un faux prétexte, en voilàun grand nombre que la mort a enlevés depuis peu.

Ma maladie est de ces sortes de choses (juœ nonrecipiunt magis et' minus> puisque je suis environatvmcme état que j’étois lorsque je suis arrivé. Onme dit'cependant toujours, comme à Paris, quecela reviendra; et c’est ce qui me désespère, celane revenant point. Si je savois que je dusse êtresans voix toute ma Vie, je m'affligerois sans doute ;mais je prendrois ma résolution, et je serois peut-être moins malheureux que dans un état d’incerti-tude qui ne me permet pas de me fixer, et qui melaisse toujours comme un coupable qui attend lejugement de son procès. Je ift'éforce cependant de