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Tome V.
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98 LETTRES DE RACINE

vous manderai exactement tout ce qu’il m’aura dit.Cependant je me flatte que ce dégoût et cette las-situde dont vous vous plaignez n’auront point desuite, et que c'est seulement un effet que les eauxdoivent produire quand l’estomac n’y est pas en-core accoutumé : que si elles continuent à vousfaire mal, vous savez ce que tout le monde vousdit en partant , qu’il-falloit les quitter en ce cas,ou tout du moins les interrompre. Si par malheurelles ne vous guérissent pas, il n’y a point lieuencore de vous décourager, et vous ne seriez pasle premier qui, n’ayant pas été guéri sur les lieux,s’est trouvé guéri étant de retour chez lui. En toutcas le sirop d 'enjsinium n’est point assurément unevision. M. Dodart, à qui j’en parlai il y a troisjours, me dit et m’assura en conscience que ceM. Morin qui «m’a parlé de ce remède est sansdoute le plus habile médecin qui soit dans Paris,et le moins charlatan. Il est constant que pourmoi je me trouve infiniment mieux depuis quepar son conseil j’ai renoncé à tout ce lavage d’eauxqu’on m’avoit ordonnées, et qui m’avoieut presquegâté entièrement l’estomac, sans me guérir monmal de gorgé.

M. de Saint-Laurent est mort d’une colique demiserere, et non point d’un accès de néphrétique,comme je vous avois mandé. Sa mort a été fortchrétienne, et meme aussi singulière que le restede sa vie. Il ne confia qu’a M. de Chartres qu’il setrouvoit mai, et qu’il alloit s’enfermer dans une