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LETTRES DE RACINElui, gouverneur, sous-précepteur, valets de cham-bre. Cependant on a été plus de deux jours sansoser apprendre sa mort à ce meme M. de Chartres;et quand Monsieur enfin la lui a annoncée , il ajeté des cris effroyables, se jetant, non point surson lit, mais sur le lit de M. de Saint-Laurent, quiétoitcncore dans sa chambre,et l'appelant à hautevoix comme s’il eût encore été en vie : tant lavertu, quand elle est vraie, a de force pour sefaire aimer! Je suis assuré que cela vous fera plai-sir, non seulement pour la mémoire de M. deSaint-Laurent, mais meme pour M. de Charaes.Dieu veuille qu'il persiste long-temps dans depareils sentiments! Il me semble que je n’ai pointd autres nouvelles à vous mander.
M. le duc de Roannez est venu ce matin pour meparler de sa rivière, et pour me prier d’en parler.Je lui ai demandé s’il ne savoit lieu de nouveau;il m'a dit que non : et il faut bien, puisqu’il nesait point de nouvelles, qu’il n’y en ait point; caril en sait toujours plus’qu’il n’y en a. On dit seu-lement que M. de Lorraine a passé la Drave, et lesTurcs la Save : ainsi il n’y a point de rivière quiles sépare : tant pis apparemment pour les Turcs;je les trouve merveilleusement accoutumés à êtrebattus. La nouvelle qui fait ici le plus de bruit,c’est l’embarras des comédiens, qui sont obligésde déloger de la rue Guénégaud, à cause quemessieurs de Sorbonne , en acceptant le collègedes Quatie-Nations, ont demandé pour première