ET DE BOILEAU. i3t
pour nouvelles ,, puisque je n’en sais aucune.D'ailleurs il n’est guère fait mention à Paris pré-sentement que du siège de Mons 1 , dont je ne croispas vous devoir instruire. Les particularités quevous m’en avez mandées m'ont fait un fort grandplaisir. Je vous avoue pourtant que je ne sauroisdigérer que le roi s’expose comme il fait. C’est unemauvaise habitude qu’il a prise, dont il devroit seguérir; et cela ne s’accorde pas avec cette hauteprudence qu’il fait paraître dans toutes ses autresactions. Est-il possible qu’un prince, qui prend sibien ses mesures pour assiéger Mon?, en prennesi peu pour la conservation de sa propre per-sonnel Je sais bien qu’il a pour lui l’exemple desAlexandre et des César qui s’exposoient de lasorte; mais avoient-ils raison de le faire? Je doutequ’il ait lu ce vers d’Horace :
Decipit exemplar vitiis imitabiîe.
Je suis ravi d’apprendre que vous êtes dans uncouvent, en même cellule que M. de Cavoie; carbien que le logement soit un peu étroit, je m’ima-gine qu’on n’y garde pas trop étroitement lesrègles, et qu’on n’y fait pas la lecture pendant ledîner, si ce n’est peut-être de lettres pareilles à lamienne. Je vous dis bien en partant que je nevousplaignois plus, puisque vous faisiez le voyageavec un homme tel que lui, auprès duquel on
1 En îfigi, pn fit le siège de Mons.