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Tome V.
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ET DE BOILEAÜ.

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LETTRE XVIII.

A BOILEAU.

Au camp devant IVÏons ,’3 avril 1691»

On nous avoit trop tôt mandé la prise de 1 ou-vrage à cornes: il ne fut attaqué pour la premièrefois qu avant-hier; encore fut-il abandonné unmoment après par les grenadiers du régiment desGardes, qui s’épouvantèrent mal à propos , et queleurs officiers ne purent retenir, môme en leurprésentant l’épée nue comme pour les percer. Lelendemain , sur les neuf heures du matin, on re-commença une autre attaque avec beaucoup plusde précaution que la précédente. On choisit pourcela huit compagnies de grenadiers, tant du végi-mentdu Roi que d’autres régiments , qui tous mé-prisent fort les soldats des Gardes, qu’ils appellentdes Pierrots. On commanda aussi cent cinquantemousquetaires des deux compagnies pour soutenirles grenadiers. L’attaque se fit avec une vigueur ex-traordinaire , et dura trois bons quarts d’heure; carles ennemis se défendirent en fort braves gens , etquelques uns d’entre eux se colletèrent meme avecquelques uns de nos officiers. Mais comment au-roient-ilspufaire?Pendantqu’ilsétoient aux mains,tout notre canon tiroit sans discontinuer sur lesdeux demi-lunes qui dévoient les couvrir, et d’où,Maine, 5 » 12