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Tome V.
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LETTRES DE RACINE

i/ja

LETTRE XX.

AU MÊME.

Du camp de Gévries, Uîi mal 1692.

Comme j'étois fort interrompu hier en vous écri-vant , je fis une grande faute dans ma lettre, dontje ne m'aperçus que lorsqu’on l'eut portée à laposte. Au lieu de vous dire que le quartier princi-pal deM. de Luxembourg étoit auxhautesEstives,je vous marquai qu’il étoit à Thieusies, qui est unvillage à plus de trois ou quatre lieues de là, et oùil devoit aller camper en partant des Estivts, cequ'on m'avoit dit ; on parloit même de cela autourde moi pendant que j'éeriveis. J'ai donc cru. queje vous ferois plaisir de vous détromper, et qu'ilvaloit mieux qu’il vous en coûtât un pet ; t port delettre, que quelque grosse gageure où yous pour-riez vous engager mal à propos, ou contre M. de LaChapelle, ou contre M. Dessein. J‘ai sur-tout pâliquand jai songé au terrible inconvénient qui arri-veroit si ce dernier avoit quelque avantage sur vous;car je me souviens du bois qu’il mettoit à la droiteopiniâtrement, malgré tous les serments et toute laraison de M. de Gui! levagues, qui en pensa devenirfou. Dieu vous garde d'avoir jamais tort contre untel homme i Je monte en carrosse pour aller à Mons,