î f/f LETTRES DE RACINEa poussé son travail jusqu’à un petit ruisseau quicoule au pied de la contrescarpe , et s’est rendumaître d’une petite contre-garde revêtue qui étoiten-decà de la contrescarpe, et de là , en moins deseize heures, a emporté tout le chemin couvert,qui étoit garni de plusieurs rangs de palissades, acomblé un fossé large de dix toises et profond dehuit pieds , et s’est logé dans une demi-lune quiétoit au-devant de la courtine, entre un demi-bas-tion qui est sur le bord de la Meuse à la gauchedes assiégeants, et un bastion qui est à leur droite:en telle sorte que cette place si terrible , en unmot, Namur, a vu tous ses dehors emportés dans lepeu de temps que je vous ai dit, sans qu’il en aitcoûté au roi plus de trente hommes. Ne crojez paspour cela qu’on ait eu affaire à des poltrons; tousceux de nos gens qui ont été à ces attaques sont éton-nés du courage des assiégés. Mais vous jugerez del’effet terrible du canon et des bombes quand jevous dirai, sur le rapport d’un officier espagnolqui fut pris hier dans les dehors, que notre artil-lerie leur aî tué en deux jours douze cents hommes.Imaginez-v?ous trois batteries qui se croisent ettirent conti.nuellement sur des pauvres gens quisont vus d’en \haut et de revers , et qui ne peuventpas trouver un'seul corn où ils soient en sûreté,On dit qu’on a .trouvé les dehors tout pleins dacorps dont le can on a emporté les têtes comme sion les avoit coupjes avec des sabres. Cela n’em«pêche pas que plus ieuvs de nos gens n’aient fait
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