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des actions de grande valeur. Les grenadiersdu régiment des Gardes-Françoises et ceux dosGardes-Suisses se sont entre autres extrêmementdistingués. On raconte plusieurs actions particu-lières, que je vous redirai quelque jour, et quevous entendrez avec plaisir. Mais en voici une queje ne puis différer de vous dire, et que j’ai ouïcoûter au roi même. Un soldat du régiment desFusiliers, qui travailloit à la tranchée, y avoicapporté un gabion; un coup de canon vint quiemporta son gabion ; aussitôt il en alla poser à lamême place un autre, qui fut sur-le-champ em-porté par un autre coup de canon. Le soldat, sansrien dire, en prit un troisième, et l’alla poser; untroisième coup de canon emporta ce troisième ga-bion. Alors le soldat rebuté se tint en repos ; maisson officier lui commanda de ne point laisser cetendroit sans gabion. Le soldat dit : «J’irai, maisj’y serai tué. » Il y alla, et, en posant son qua-trième gabion, eut le bras fracassé d'un coup decanon. Il revint soutenant son bras pendant avecl’autre bras, et se contenta de dire à son officier :« Je l’avois bien dit. » Il fallut lui couper le brasqui ne tenoit presque à rien. Il souffrit cela sangdesserrer"les dents , et, après l’opération, dit froi-dement : « Je suis donc hors d état de travailler;c’est maintenant au roi à me nourrir. » Je croisque vous me pardonnerez le peu d’ordre de cettenarration , mais assurez-vous qu’elle est fort vraie.M. de Cavoie me presse d’achever ma lettre. JeJlacine.' 5. l3.