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Tome V.
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ET DE BOILEAU. x55

huit ou dix jours que notre canon le battoit il n’yavoit fait qu’une très petite brèche à passer deuxhommes, et il n’y avoit pas une palissade du che-min couvert qui fût rompue. M. de Yauban a ad-miré lui-même la beauté de cet ouvrage. L’in-génieur qui l’a tracé, et qui a conduit tout ce qu’ony a fait, est un ïlollandois nommé Cohorn. ils'étoit enfermé dedans pour le défendre, et y avoitmême fait creuser le fossé , disant qu’il s’y vouloitenterrer. Il en sortit hier avec la garnison, blesséd'un éclat de bombe. M. de Vauban a eu la curio-sité de le voir, etj après lui avoir donné beaucoupde louanges, lui a demandé s'il jugeoit qu’on eûtpu l’attaquer mieux qu’on n’a fait. L’autre fit ré-ponse que, si on l’eût attaqué dans les formes or-dinaires , et en conduisant une tranchée devant lacourtine et les demi-bastions, il se seroit encoredéfendu plus de quinze jours,et qu’il nous en au-roit coûté bien du monde ; mais que de la manièredont on l’avoit embrasse de toutes parts il avoitfallu se rendre. La vérité est que notre tranchéeest quelque chose de prodigieux, embrassant à iafois plusieurs montagnes et plusieurs vallées , avecune infinité de détours et de retours , autantpresque qu’il y a de rues à Paris. Les gens de lacour commençoient a s’ennuyer de voir si long-temps remuer la terre. Mais enfin il s’est trouvéque, dès que nous avons attaqué la contrescarpe,les ennemis, qui craignoient d’être coupés, ontabandonné dans l’instant tout le chemin couvert j