l56 LETTRES DE RACINEet, voyant dans leur ouvrage vingt de nos grena-diers qui avoient grimpé par un petit endroit oùon ne pouvoit monter qu’un à un, ils ont aussitôtbattu la cliamade. Iis étoicnt encore quinze centshommes,tous gens bienfaits s’il y en a au monde.Le principal officier qui les commandoit, nomméM. de Vimbergue , est âgé de près de quatre-vingtsans. Comme il étoit d’ailleurs fort incommodé desfatigues qu’il a souffertes depuis quinze jours, etqu’il ne pouvoit plus marcher , il s’otoitfait portersur la petite brèche que notre canon avoit faite,résolu d’y mourir l’épée.à la main. C’est lui qui afait la capitulation ; et il y a fait mettre qu’il luiseroit permis d’entrer dans le vieux château pours’y défendre encore jusqu’à la fin du siège. Vousvoyez par-là à quelles gens nous avons affaire, etquel’art et les précautions de M. de Vauban ne sontpas inutiles pourépargnerbien des braves gens quis’iroient faire tuer mal à propos. C’étoit encoreM. le Duc qui étoit lieutenant-général de jour; etvoici la troisième affaire qui passe par .ses mains.Je voudrois que vous eussiez pu entendre de quellemanière aisée et meme avec quel esprit il m’a bienvoulu raconter une partie de ce que je vousmandc;les réponses qu’il fit aux officiers qui le vinrenttrouver pour capituler, et comme, en leur faisantmille honnêtetés, il ne laissoit pas de les intimi-der. On a trouvé le chemin couvert tout plein decorps morts, sans tous ceux qui étoient à demi en-terrés dans l’ouvrage. Nos bombes neleslaissoicnt
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