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Tome V.
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{i<66 LETTRES DE RACINE

On reçut hier de bonnes nouvelles d'Allemagne.M. le maréchal de Lorge ayant fait assiéger parun détachement de son armée une petite villenommée Pforzeim 1 , entre Philisbourg et Dour-lach, les Allemands ont voulu s’avancer pour lasecourir. Il a eu avis qu’un corps de quarante es-cadrons avoit pris les devants , et netoit qu'à unelieue et demie de lui, ayant devant eux un ruis-seau assez difficile à passer. La ville a été prise dèsle premier jour, et cinq cents hommes qui étoicntdedans ont été faits prisonniers degtiene.

Le lendemain M. de Lorge a marché avec touteson armée sur ces quarante escadrons que je vousai dit, et a fait d’abord passer le ruisseau à seizede ses escadrons soutenus du reste de la cava-lerie. Les ennemis, voyant qu’on alloit à eux aveccette vigueur, s’en sont fuis à vauderoute, aban-donnant leurs tentes et leur bagage, qui a étépillé. On leur a pris deux pièces de canon, deuxpaires de timbales et neuf étendards, quantitéd’officiers , entre autres leur général, qui est onclede M. de Wirtemberg, et administrateur de ceduché», un général-major de Bavière, et plus detreize cents cavaliers. Ils en ont eu près de neufcents tués sur la place. Il ne nous en a coûté qu’unmaréchal des logis, un cavalier, et six dragons.M. de Lorge a abandonné au pillage la ville dePforzeim , et une autre petite ville auprès de la-

1 En 1692, ïil. de Lorge prit Pforzeim.