■j68 LETTRES DE K'ÂCINE
M. de La Chapelle; mais pour moi je crois qu'il
sera assez temps d’y penser vers la Saint-Martin.
Je vous mandois, le dernier jour, que j'ai tra-vaillé à la satire des femmes pendant huit jours :cela est véritable ; mais il est vrai aussi que mafougue poétique est passée presque aussi vitequ'elle est venue, et que je n’y pense plus à l’heurequ’il est. Je crois que, lorsque j’aurai tout amassé,il y aura Lien cent vers nouveaux d’ajoutés; maisje ne sais si je n’en ôterai pas Lien vingt-cinq outrente du lieutenant et de la lieutenante crimi-nelle. C'est un ouvrage qui me tue par la multi-tude des transitions , qui sont, à mon sens, le plusdifficile chef-d'œuvre de la poésie. Comme jem’imagine que vous avez quelque impatience d’envoir quelque chose, je veux bien vous en trans-crire ici vingt ou trente vers; mais c’est à la chargeque foi d’honnête homme vous ne les montrerezà ame vivante, parceque je veux être absolumentmaître d’en faire ce que je voudrai, et que d’ail-leurs je ne sais s’ils sont encore en l’état où ilsdemeureront 1 . Mais afin que vous en puissiez voirla suite, je vais vous mettre la fin de l’histoire dela lieutenante de la manière que je l’ai achevée.
Mais peut-être j’invente une fable frivole.
Soutiens donc tout Paris, qui, prenant la parole ,
1 Boileau a en effet changé quelques vers.