iga L'ETT'RES DE RACINE
J’aî été 1 fort surpris d'apprendre que M. deChamlaî n’ayoit point encore reçu le complimentque je; lui ai envoyé sur-le-cliamp , et qui a étéporté h la poste en même temps que la lettre quej’ai écrite au révérend père de La Chaise. Je lui enécris un nouveau-, afin qu’il ne me soupçonne paëde paresse dans une occasion où il m’a si bien mar-qué et sa bonté pour moi, et sa diligence à obligermon frère. Mais , de peur d’une nouvelle méprise,je vous l’envoie, ce compliment, empaqueté dansma lettre , afin que vous le lui rendiez en mainpropre.
Je ne saurois vous exprimer la joie que j’ai duretour du roi. La nouvelle bonté que sa majestém’a témoignée, en accordant a mon frère le béné-fice que nous demandons, a encore augmenté lezèle et la passion très sincère que j’ai pour elle. Jesuis ravi de voir que sa sacrée personne ne serapoint en danger cette campagne; et, gloire pourgloire , il me semble que les,lauriers sont aussibons à cueillir sur le Rhin et sur le Danube que surl’Escaut et sur la Meuse. Je ne vous parle point duplaisir que j’aurai à vous embrasser plus tôt que jene croyois ; car cela va sans dire.
Vous avez bien fait de ne me point envoyer parécrit vos remarques sur mes stances , et d’attendreà m’en entretenir que vous soyez de retour, puis-que, pour en bien juger, il faut que je vous aiecommuniqué auparavant les différentes manières