Band 
Tome V.
Seite
210
JPEG-Download
 

J

210 LETTRES DE RACINEabsolument nécessaire et entroit dans l’attrition,au lieu que l’amour affectif venoit de la contritionparfaite; que celui-ci justifioit par lui-môme lepécheur, au lieu que l’amour effectif n’avoit d’effetqu'avec l’absolution du prêtre. Enfin il nous adébité en assezbons termesetfort longuement toutce que beaucoup d’autres scholastiques ont écritsur ce sujet, sans pourtant oser dire , comme eux ,que l'amour de Dieu, absolument parlant, n’estpoint nécessaire pour la justification du pécheur.Mon frère le chanoine applaudissoit des veux etdu geste à chaque mot qu’il disoit, témoignantêtre ravi de sa doctrine et de son énonciation.Pour moi, je suis demeuré ass«z froid et assez im-mobile. Et enfin, lorsqu’il a été las de parier, jelui ai dit que j’avois été fort surpris qu’on m’eûtprêté des charités auprès de lui, et qu’on lui eûtdonné à entendre que j’avois fait un ouvragecontre les jésuites; que ce seroit une chose bienétrange si soutenir qu’on doit aimer Dieu s’appe-loit écrire contre les jésuites ; que mon frère avoitapporté avec lui vingt passages de dix ou douzede leurs plus fameux écrivains qui soutenoientqu'on doit nécessairement aimer Dieu, et en de 9termes beaucoup plus forts que ceux qui étoientdans mes vers; que j’avois si peu songé à écrivecontre sa société, que les premiers à qui j’avois lumon ouvrage , c’étoicnt six jésuites des plus célè-bres , qui m’avoient tous dit unanimement qu’ua