si6 LETTRES DE RACINEarmée. Cette victoire est fort glorieuse. La maisondu roi a fait des choses incroyables , n’ayant jamaischargé l’ennemi qu’à coups d’épée. On dit quechaque cavalier est revenu avec son épée toute san-glante. On a appris ce matin que M. de Boufïlers«voit battu aussi l’arrière-garde d’un corps d’Alle-mands qui étoient auprès de Dînant. Écrivez-moitoujours ; mais que cela n’empêche pas votre chèremère de m’écrire, car je serois trop fâché de nepoint recevoir de ses lettres. Adieu, mon cher en-fant : embrassez-la pourmoi, et faites mes baise-mains à vos sœurs..
LETTRE II.
Au camp devant iSnmur, 3 i mai i6()'2.
Vous avez pu voir, mon cher enfant, par leslettres que j’écris à votre mère, combien je suistouché de votre maladie *, et la peine extrême queje ressens de n etre pas auprès de vous pour vousconsoler. Je vois que vous prenez avec beaucoupde patience le mal que Dieu vous envoie, et quevous êtes exact à faire tout ce qu’on vous dit : il esttrès important pour vous d’être docile. J’espèrequ'avec la grâce de Dieu il 11e vous arrivera aucun
1 Voyez sa lettre à Boileau du 3 juin 1692.