»*4 LETTRES DE RACINEpoint faite : outre qu elle estvassez médiocre, je nésauvois trop vous recommander de ne vous pointlaisser aller à la tentation de faire des vers fran-çois,qui ne serviraient qu'à vous dissiper l'esprit;sur-tout il n'en faut faire contre personne.
M. Despréaux a un talent qui lui est particulier,et qui ne doit point vous servir d'exemple ni àvous, ni à qui que ce soit : il n’a pas seulementreçu du ciel un génie merveilleux pour la satire ,mais il a encore outre cela un jugement excellentqui lui fait discerner ce qu’il faut louer et ce qu’ilfaut reprendre. S’il a la bonté de vouloir s’amuseravec vous, c'est une des grandes félicités qui vouspuissent arriver, et je vous conseille d’en bien pro-fiter en l'écoutant beaucoup et en décidant peu.Je vous dirai aussi que vous, me feriez plaisir devous attacher à votre écriture : je veux croire quevous avez écrit votre lettre fort vite ; le caractèreen paroît beaucoup négligé. Que tout ce que jevous dis ne vous chagrine point, car du reste jesuis très content de vous, et je ne vous donne ceapetits avis que pour vous exciter à faire de votremieux eu toutes choses. Votre mère vous fera partdes nouvelles que je lui mande. Adieu, mon cherfils. J© ne sais si je serai en état d'écrire ni à vous»i à personne de plus de quatre jours : mais con-tinuez à me donner de vos nouvelles; parlez-moi
père en lui envoyant une épigrapme qu'il avoit faite surb dispute entre Boileau et Perrault,