A SON FILS. 32?
choix pour lire ses lettres. J’aimerois alitant, sivous vouliez lire quelque livre françois, que vousprissiez la traduction d'Hérodote, qui est fort di-vertissant ,et qui vous apprendroit la plus anciennehistoire qui soit parmi les hommes après l’Écri-ture sainte. Il me semble qu'à votre âge il ne fautpas voltiger de lecture en lecture, ce qui ne servi-roit qu’à vous dissiper l'esprit et à vous embarras-ser la mémoire. Nous verrons cela plus à fondquand je serai de retour à Paris. Adieu: mes baise-mains à vos sœurs.
LETTRE VII.
Au camp de Thieusies, 3 juin 1693,
,v oüs me faites plaisir de me rendre compte deslectures que vous faites ; mais je vous exhorte à nepas donner toute votre attention aux poètes fran-çois : songez qu’ils ne doivent servir qu’à votrerécréation,' et non pas à votre véritable étude;ainsi je souhaiterois que vous prissiez quelque-fois plaisir à m'en tretenir d’Homère, de Quintilien,et des autres auteurs de cette nature. Quant à votreépigramme 1 , je voudrois que vous ne l'eussiez
1 Racine le fils, qui étoit alors en rhétorique (ii émiten rhétorique depuis l’année précédente; Voyez les pre-mières lettres dit mois d’octobre ), crut faire plaisir à sou