aSo LETTRES DE RACINEger à la retraite; mais je vous ai tant prêché dansma dernière lettre que je crains de recommencerdans celle-ci. Vous trouverez donc bon que je lafinisse en vous disant que je suis très content devous. Si j’ai quelque chose à vous recommanderparticulièrement, c’est de faire tout de votre mieuxpour vous rendre agréable à M. l’ambassadeur, etpour contribuer à son soulagement dans les mo-ments où il est accablé de travail. Je mettrai surmon compte toutes les complaisances que vousaurez pour lui ; et je vous exhorte à avoir pour luile même attachement que vous auriez pour moi,avec cette différence qu’il y a mille fois pins à pro-fiter et a apprendre avec lui qu’avec moi.
J’ai reconnu en vous une qualité que j’estimefort , c’est que vous entendez très bien railleriequand d’autres que moi vous font la guerre sur vospetits défauts: mais ce n’est pas assez de souffriren galant homme les petites plaisanteries, il fautles mettre à profit. Si j’osois vous citer monexemple , je vous dirois qu'une des choses qui m’afait le plus de bien , c’est d’avoir passé ma jeunesseavec une société de gens qui se disoient assez vo-lontiers leurs vérités et qui nes’épargnoient guèreles uns les autres sur leurs défauts; et j’avois assezde soin de me corriger de ceux que l’on trouvoiten moi, qui étoient en fort grand nombre, et quiauroient pu me rendre assez difficile pour le com-merce du monde.
J’oubÜois de vous dire que j’appréhende que