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du droit romain, bien plus favorable que les coutumes féo-dales au pouvoir monarchique et à l’égalité civile.
La forme de cette révolution présente quelques différen-ces dans les divers états. En Angleterre, elle est préparée etaccélérée par une guerre terrible qui extermine la noblesse ;en Espagne, elle est compliquée par la lutte des croyancesreligieuses. Mais partout elle offre un caractère commun :l’aristocratie, déjà vaincue par le pouvoir royal, essaie del’ébranler en le déplaçant, en renversant les maisons, lesbranches régnantes, pour leur substituer des maisons enne-mies, des branches rivales (Voy. le 1 er de nos tableaux syn-chroniques). Les moyens employés par les deux partis sontodieux et souvent atroces. La politique, dans l’enfance, nechoisit encore qu’entre la violence et la perfidie; voyez plusbas la mort des comtes de Douglas, des ducs de Bragance etde Yiseu, surtout celle du comte de Mar et des ducs de Cla-rence et de Guienne. Cependant la postérité, trompée par lesuccès, s’est exagéré les talents des princes de cette époque(Louis XI, Ferdinand le Bâtard, Henri YII, Iwan III, etc.).Le plus habile de tous, Ferdinand le Catholique, n’est qu’unfourbe heureux aux yeux de Machiavel (Lettres familières,avril 1513, mai 1514).