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Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
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( il )

CHAPITRE II.

OCCIDENT. FRANCE ET PAYS-BAS, ANGLETERRE ET ÉCOSSE, ESPAGNEET PORTUGAL, DANS LA SECONDE MOITIÉ DU XV<! SIÈCLE.

Avant de se disputer la possession de lItalie, il fallaitque les grandes puissances de lOccident sortissent de la-narchie féodale, et réunissent toutes les forces nationalesdans la main des rois. Le triomphe du pouvoir monarchiquesur la féodalité est le sujet de ce chapitre. Avec la féodalitépérissent les privilèges et les libertés du moyen âge. Ces li-bertés périssent comme celles de lantiquité, parce quellesétaient des privilèges. Légalité civile ne pouvait sétablirque par la victoire de la monarchie L

Les instruments de cette révolution furent des hommesdéglise et des légistes. Léglise, ne se recrutant que parlélection, au milieu du système universel dhérédité quisétablit au moyen âge, avait élevé les vaincus au-dessus desvainqueurs, les fils des bourgeois et ceux même des serfs,au-dessus des nobles. Cest à elle que les rois demandèrentdes ministres dans leur dernière lutte contre laristocratie.Duprat, Wolsey et Ximénès, tous cardinaux et premiersministres, sortaient de familles obscures. Ximénès avaitcommencé par enseigner le droit dans sa maison ' 1 2 . Leshommes déglise et les légistes étaient imbus des principes

1 Légalité fait des progrès rapides au moment même périssent leslibertés politiques du moyen âge. Celles de lEspagne sont vaincues parCharles-Quint en 1521, et en 1528 les cortès de Castille permettent à toutle monde de porter lépée, afin que les bourgeois puissent se défendrecontre les nobles. Voy. Ferreras, xir partie.

2 Gomecius, fol. 2. Giannone remarque que, sous Ferdinand le bâ-tard, les lois romaines prévalurent à Naples sur les lois lombardes, parl'influence des professeurs qui étaient en même temps magistrats et avo-cats (f.iv. xxvin, chap. v).

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