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Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
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de Vabsoudre 1 . Lon avait vu pondant trois ans le frèredu duc de Bretagne demander du pain aux passants parles barreaux de sa prison, jusquà ce que son frère le fitétrangler.

Cest vers le roi que se tournaient les espérances du pau-vre peuple ,xest de lui quil attendait quelque soulagementà sa misère. Le système féodal qui, au dixième siècle, avaitété le salut de lEurope, en était devenu le fléau. Ce sys-tème semblait reprendre son ancienne force depuis lesguerres des Anglais. Sans parler des comtes dAlbret, deEoix, dArmagnac et de tant dautres seigneurs, les mai-sons de Bourgogne, de Bretagne et dAnjou le disputaientà la maison royale de splendeur et de puissance.

Le comté de Provence, héritage de la maison dAnjou,était une espèce de centre pour les populations du Midi,comme la Flandre pour celles du Nord ; elle joignait à ce richecomté lAnjou, le Maine et la Lorraine, entourant ainsi detous côtés les domaines du roi. Lesprit de l'antique cheva-lerie semblait sêtre réfugié dans cette famille héroïque : lemonde était plein des exploits et des malheurs du roi Rénéet de ses enfants. Pendant que sa fille Marguerite dAnjousoutenait dans dix batailles les droits de la Rose rouge, Jeande Calabre, son fils, prenait, perdait le royaume de Naples,et mourait au moment lenthousiasme des Catalansleportait au trône dAragon. Des espérances si vastes, desguerres si lointaines, annulaient en France la puissance decette maison. Le caractère de son chef était dailleurs peupropre à soutenir une lutte opiniâtre contre le pouvoir royal.Le bon Réné, dans ses dernières années, ne soccupait guèreque de poésie pastorale, de peinture et dastrologie. Lors-quon lui apprit que Louis XI lui avait pris lAnjou, il pei-gnait une belle perdrix grise, et ninterrompit point sontravail.

Le véritable chef de la féodalité était le duc de Bourgogne.Ce prince, plus riche quaucun roi de lEurope, réunissait

1 rièoes du procès de Jean IV, comte dArmagnac ; citées par les au-teurs de X Art de vérifier les (hiten, C.'est Jean V qui épousa sa soeur.