( 20 )
de Vabsoudre 1 . L’on avait vu pondant trois ans le frèredu duc de Bretagne demander du pain aux passants parles barreaux de sa prison, jusqu’à ce que son frère le fitétrangler.
C’est vers le roi que se tournaient les espérances du pau-vre peuple ,x’est de lui qu’il attendait quelque soulagementà sa misère. Le système féodal qui, au dixième siècle, avaitété le salut de l’Europe, en était devenu le fléau. Ce sys-tème semblait reprendre son ancienne force depuis lesguerres des Anglais. Sans parler des comtes d’Albret, deEoix, d’Armagnac et de tant d’autres seigneurs, les mai-sons de Bourgogne, de Bretagne et d’Anjou le disputaientà la maison royale de splendeur et de puissance.
Le comté de Provence, héritage de la maison d’Anjou,était une espèce de centre pour les populations du Midi,comme la Flandre pour celles du Nord ; elle joignait à ce richecomté l’Anjou, le Maine et la Lorraine, entourant ainsi detous côtés les domaines du roi. L’esprit de l'antique cheva-lerie semblait s’être réfugié dans cette famille héroïque : lemonde était plein des exploits et des malheurs du roi Rénéet de ses enfants. Pendant que sa fille Marguerite d’Anjousoutenait dans dix batailles les droits de la Rose rouge, Jeande Calabre, son fils, prenait, perdait le royaume de Naples,et mourait au moment où l’enthousiasme des Catalans‘leportait au trône d’Aragon. Des espérances si vastes, desguerres si lointaines, annulaient en France la puissance decette maison. Le caractère de son chef était d’ailleurs peupropre à soutenir une lutte opiniâtre contre le pouvoir royal.Le bon Réné, dans ses dernières années, ne s’occupait guèreque de poésie pastorale, de peinture et d’astrologie. Lors-qu’on lui apprit que Louis XI lui avait pris l’Anjou, il pei-gnait une belle perdrix grise, et n’interrompit point sontravail.
Le véritable chef de la féodalité était le duc de Bourgogne.Ce prince, plus riche qu’aucun roi de l’Europe, réunissait
1 rièoes du procès de Jean IV, comte d’Armagnac ; citées par les au-teurs de X Art de vérifier les (hiten, C.'est Jean V qui épousa sa soeur.