voir royal, dont ils disposaient tour à tour. Ceux qui ne gou-vernaient point le roi se contentaient d’intrigüer auprès dudauphin et de l’exciter contre son père. Tout changea dpface lorsque Charles YII succomba aux inquiétudes que luidonnait son fils, retiré en Bourgogne [1461]. Aux funéraillesdu rôi, Dünois dit à toute la noblesse assemblée : « Le roinotre jnaltre est mort; que chacun sôiige à se pourvoir. »
Louis XI n’avait rien de cè caractère chevaleresque en fa-veur duqüel les Français pardonnaient tant de faiblesses àCharles YII. Il aiifiait les négociations fffus que les combats,s’habillait pâUvrerrient, et s’entourait de petites gens. Il pre-nait un laquais poüf héraut, un barbier pour gentilhommede la chambré, appelait le prévôt Tristan Sôn compile. Dansson impatience d’abaisser les grands, il rchvoie, dès son arri-vée, tous les ministres de Charles YII ; il Ôte aux seigneurstoute influence dans les élections ecclésiastiques, en abolis-sant la Pragmatique ; irrite le duc de Bretagne, en essayantde lui ôter les droits régaliens; le comte dé Charolais, fils duduc de Bourgogne, en rachetant à son père les villes dé lâSomme, et en voulant lui retiref le don de la Norpaandie ;enfin il mécontente tous les nobles en ne tenant nul comptéde leurs droits de chaSse, l’offense la plus sensible peut-être pour un gentilhomme de ce temps 1 .
Les grands n’éclatèrènt pas avant que l'affaiblissement dUduc de Bourgogne eût mis toute l’autorité entré leS mains deSon fils, le comte de Charolais, depuis si célèbre Sous le nomde Charles le Téméraire. Alors le duc Jean de Calabre, le ducde Bourbon, le dufc de Nemours, le comte d’Armagnac, lesire d’Albrét, le comte dé Dunois, et beaucoup d’autres sei-gneurs, se liguèrent pour le bien pûbU'c avec le duc de Bre-tagne et le comte de Charolais. Ils S’entendirent, par leursenvoyés, dans l’église de Notre-Dame dé Paris, et prirentpour signe de ralliement urté aiguillette de soie rouge. Àcette coalition presque universelle de là noblesse, le roi es-saya d’opposer les villes, et surtout Paris. Il y abolit pres-
1 Hist. des ducs de Bourgogne, 3 ' édit., tom. vin, pag. î’tT.