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Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
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iïier roi, par la populace de Londres, le fils du duc dYork,sous le nom dÉdouard IV [1461]. Enfant de la guerre ci-vile, Édouard versait volontiers le sang; mais il intéressaitle peuple par le malheur de son père et de son frère; il na-vait que vingt ans, il aimait le plaisir, et cétait le plus belhomme du siècle. Le parti de Lancastre navait pour lui quela longue possession du trône et les serments du peuple.Lorsque la reine entraînait vers le midi la tourbe effrénéedes paysans du nord, qui ne se payaient que par le pillage \Londres et les plus riches provinces sattachaient à Édouardcomme à un défenseur. Bientôt Warwick conduisit son jeuneroi contre elle jusquau village de Towton. Cest que, pen-dant plus de deux jours, sous une neige épaisse, combattirentles deux partis avec une fureur peu commune, même dansles guerres civiles. Warwick, voyant plier les siens, tue soncheval, baise la croix que formait la garde de son épée, etjure quil partagera le sort du dernier des soldats. Les Lan-castriens sont précipités dans les eaux duCock. Édouard dé-fend de faire quartier aux vaincus; trente-huit mille hommessont noyés ou massacrés. La reine, ne ménageant plus rien,sadressa aux étrangers, aux Français; déjà elle avait livréBerwick aux Écossais; elle passa en France, et promit àLouis XI de lui donner Calais en gage pour en obtenir unfaible et odieux secours. Mais la flotte qui portait ses trésorsfut brisée par la tempête; elle perdit la bataille dExham etses dernières espérances [1464], Le malheureux Henri re-tomba bientôt au pouvoir de ses ennemis. La reine parvinten France avec son fils à travers les plus grands dangers.

Après la victoire vint le partage des dépouilles. Warwicket les autres Nevil eurent la part principale. Mais bientôtils virent succéder à leur crédit les parents dÉlisabeth Wi-dewile, simple lady, que limprudent amour dÉdouard avaitélevée au trône 2 . Alors le faiseur de rois ne songea plus

' Ilume, Lingard, pag. 25.

a Daprès une tradition généralement suivie, VVanviek aurait négociéen France le mariage du roi dAngleterre avec Bonne de Savoie, belle-srenr de T.ouis XI, pendant qulîdouard épousait Elisabeth Widevvile,