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qu’à détruire son ouvrage; il négocia avec la France, sou-leva le nord de l’Angleterre, attira dans son parti le frèremême du roi, le duc de Clarence, et se rendit maître de lapersonne d’Edouard ; l’Angleterre eut un instant deux roisprisonniers. Mais Warwick se vit bientôt obligé de fuir avecClarence, et de passer sur le continent.
On ne pouvait renverser York que par les forces de Lan-castre. Warwick se réconcilie avec cette même Marguerited’Anjou qui avait fait décapiter son père, et repasse en An-gleterre sur les vaisseaux du roi de France. En vain Charlesle Téméraire avait averti l’indolent d’Édouard; en vain lepeuple chantait dans ses ballades le nom de l’exilé, et faisaitallusion, dans les spectacles informes de cet âge, à son in-fortune et à ses vertus 1 . Édouard ne se réveilla qu’en appre-nant que Warwick marchait à lui avec plus de soixantemille hommes. Trahi par les siens à Nottingham, il se sauvasi précipitamment, qu’il aborda presque seul dans les Étatsdu duc de Bourgogne [1470].
Pendant que Henri YI sort de la Tour de Londres, et quele roi de France célèbre, par des fêtes publiques, le rétablis-sement de son allié, Clarence, qui se repent d’avoir travaillépour la maison de Lancastre, rappelle son frère en Angle-terre. Édouard part de Bourgogne avec les secours que le duclui fournit secrètement,débarque à Ravenspur, au lieu mêmeoù Henri IY aborda autrefois pour renverser Richard II; ils’avance sans obstacle, et déclare sur la route qu’il réclameseulement le duché d’York, héritage de son père. Il prendla plume d’autruche 2 , et fait crier par les siens : Longue vieau roi Henri ! Mais, dès que son armée est assez forte, illève le masque et vient disputer le trône aux Lancastriensdans la plaine de Barnet. La trahison de Clarence, qui passaà son frère avec douze mille hommes, et l’erreur qui fit con-fondre le soleil que portait ce jour-là dans ses armes le parti
Cette tradition n’est point confirmée par le témoignage des trois princi-paux historiens contemporains (Lingard).
1 Lingard, p. 308.
* yue portaient les partisans du prince de Galles, fils de Henri YI.Jd. pag. 315.
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