Buch 
Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
Entstehung
Seite
33
JPEG-Download
 

( 33 )

quà détruire son ouvrage; il négocia avec la France, sou-leva le nord de lAngleterre, attira dans son parti le frèremême du roi, le duc de Clarence, et se rendit maître de lapersonne dEdouard ; lAngleterre eut un instant deux roisprisonniers. Mais Warwick se vit bientôt obligé de fuir avecClarence, et de passer sur le continent.

On ne pouvait renverser York que par les forces de Lan-castre. Warwick se réconcilie avec cette même MargueritedAnjou qui avait fait décapiter son père, et repasse en An-gleterre sur les vaisseaux du roi de France. En vain Charlesle Téméraire avait averti lindolent dÉdouard; en vain lepeuple chantait dans ses ballades le nom de lexilé, et faisaitallusion, dans les spectacles informes de cet âge, à son in-fortune et à ses vertus 1 . Édouard ne se réveilla quen appre-nant que Warwick marchait à lui avec plus de soixantemille hommes. Trahi par les siens à Nottingham, il se sauvasi précipitamment, quil aborda presque seul dans les Étatsdu duc de Bourgogne [1470].

Pendant que Henri YI sort de la Tour de Londres, et quele roi de France célèbre, par des fêtes publiques, le rétablis-sement de son allié, Clarence, qui se repent davoir travaillépour la maison de Lancastre, rappelle son frère en Angle-terre. Édouard part de Bourgogne avec les secours que le duclui fournit secrètement,débarque à Ravenspur, au lieu même Henri IY aborda autrefois pour renverser Richard II; ilsavance sans obstacle, et déclare sur la route quil réclameseulement le duché dYork, héritage de son père. Il prendla plume dautruche 2 , et fait crier par les siens : Longue vieau roi Henri ! Mais, dès que son armée est assez forte, illève le masque et vient disputer le trône aux Lancastriensdans la plaine de Barnet. La trahison de Clarence, qui passaà son frère avec douze mille hommes, et lerreur qui fit con-fondre le soleil que portait ce jour- dans ses armes le parti

Cette tradition nest point confirmée par le témoignage des trois princi-paux historiens contemporains (Lingard).

1 Lingard, p. 308.

* yue portaient les partisans du prince de Galles, fils de Henri YI.Jd. pag. 315.

3

j