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d’Édouard avec l’étoile rayonnante du parti opposé, en-traînèrent la perte de la bataille et la mort du comte deWarwich. Marguerite, attaquée avant d’avoir réuni lesforces qui lui restaient, fut vaincue et prise avec son fils àTeukesbury. Le jeune prince fut conduit dans la tente duroi : « Qui vous a rendu si hardi, lui dit Édouard, pour en-te trer dans mes États? — Je suis venu, répondit fièrement« le jeune prince, défendre la couronne de mon père et« mon propre héritage. » Édouard irrité le frappa de songantelet au visage, et ses frères Clarence et Glocester, oupeut-être leurs chevaliers, se jetèrent sur lui et le per-cèrent de coups. Le jour même de l’entrée d’Édouard àLondres, on dit que Henri YI périt à la Tour, de la mainmême du duc de Gloceste»[1471]. Dès lors le triomphe dela Rose blanche fut assuré. Édouard n’eut plus à craindreque ses propres frères. Il prévint Clarence en le faisantmourir sous de vains prétextes, mais il fut empoisonné parGlocester, si l’on doit en croire le bruit qui courut [1483].Voyez plus haut son expédition en France.
A peine Édouard laisse-t-il le trône à son jeune filsÉdouard V, que le duc de Glocester se fait nommer protec-teur. La reine-mère, qui savait trop quelle protection elleavait à attendre de cet homme, dont l’aspect seul faisaithorreur, s’était réfugiée à Westminster; le respect du lieusaint n’arrêtant point Richard, elle lui remit en tremblantses deux fils : mais il ne pouvait rien entreprendre contreeux avant d'avoir fait périr leurs défenseurs naturels, lordHastings surtout, l’ami personnel d’Édouard IV. Richardentre un jour dans la salle du conseil avec un air enjoué;puis, changeant tout à coup de visage : « Quelle peine,« s’écrie-t-il, méritent ceux qui complotent la mort du Pro-« tecteur? Voyez dans quel état la femme de mon frère et« Jeanne Shore (c’était la maîtresse d’Hastings) m’ont ré-« duit par leurs sortilèges? » et il montrait un bras dessé-ché qu’il avait dans cet état depuis sa naissance. Ensuite,s’adressant à Hastings: « C’est vous qui êtes l’instigateur« de tout cela. Par saint Paul! je ne dînerai pas qu’on ne