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ger, qui se faisait passer pour le comte de Warwick, fils duduc de Clarence. Henri,.ayant défait les partisans de l’im-posteur à la bataille de Stoke, l’employa comme marmitondans ses cuisines, et peu après, en récompense de sa bonneconduite, lui donna la charge de fauconnierU Un rival plusredoutable s’éleva ensuite contre lui. Ce personnage mys-térieux , qui ressemblait à Edouard IY, prenait le nom dusecond fils de ce prince. La duchesse de Bourgogne le re-connut pour son neveu, après un examen solennel, et lenomma publiquement la Rose blanche d'Angleterre 3 .Charles YII1 le traita en roi; Jacques III, le roi d’Ecosse,lui donna en mariage une de ses parentes : mais ses tenta-tives ne furent point heureuses. Il envahit successivementl’Irlande, le nord de l’Angleterre, le comté de Cornouail-les, et fut toujours repoussé. Les habitants de ce comté,trompés dans les espérances qu’ils avaient conçues à l’avé-nement d’un prince de race galloise s , refusèrent de payerles impôts, et jurèrent de mourir pour le Prétendant. Iln’en fut pas moins fait prisonnier, et forcé de lire, dans lasalle de Westminster, une confession signée de sa main.Il y reconnaissait qu’il était né à Tournay, d'une famillejuive, et qu’il s’appelait Perkin Warbeck. Un nouvel im-posteur ayant pris le nom du comte de Warwick, Henri YIIvoulut terminer ces troubles, et fit mettre à mort le véri-table comte de Warwick, prince infortuné dont la naissancefaisait tout le crime, et qui, dès ses premières années, étaitenfermé à la tour de Londres.
Telle fut la fin des troubles qui avaient coûté tant desang à l’Angleterre. Qui fut vaincu dans cette longue lutte?ni York, ni Lancastre, mais l’aristocratie anglaise, déciméedans les batailles, dépouillée par les proscriptions. Si Tonen croyait Fortescue, près du cinquième des terres duroyaume serait tombé par confiscation entre les mains de' Lingard, pag. 441. — 2 Id. p. 467.
8 Thierry, IJist. de la conquête d'Angleterre par les Normands,Ire édition, t. nr.