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Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
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Henri VII. Ce qui fut plus funeste encore à la puissancedes nobles, cest la loi qui leur permit daliéner leurs terresen cassant les substitutions. Les besoins croissants dun luxeinconnu jusque- les firent profiter avidement de cettepermission de se ruiner. Ils quittèrent, pour vivre à la cour,le séjour de leurs châteaux antiques, ils régnaient ensouverains depuis la conquête. Ils renoncèrent à cette hos-pitalité somptueuse par laquelle ils avaient si longtempsentretenu la fidélité de leurs vassaux. Les hommes des ba-rons trouvaient déserte la salle des plaids et celle des fes-tins; ils abandonnaient ceux qui les avaient abandonnés, etretournaient chez eux hommes du roi. ( Abolition du droitde maintenance. )

Le premier souci de Henri VII pendant tout son règnefut laccumulation dun trésor : on comptait si peu sur la-venir après tant de révolutions ! Exigence des dettes féo-dales, rachat des services féodaux, amendes, confiscations,tous les moyens lui furent bons pour atteindre son but. Ilobtint de largent de son parlement pour faire la guerre àla France, il en obtint des Français pour ne point la faire,gagnant sur ses sujets par la guerre , et sur ses ennemispar la paix (Bacon). Il chercha aussi à sappuyer sur desalliances avec des dynasties mieux affermies, donna sa filleau roi dEcosse, et obtint pour son fils linfante dEspagne[1502-3]. Sous lui, la marine et lindustrie prirent leurpremier essor. Il envoya à la recherche de nouvelles con-trées le vénitien Sébastien Gabotto, qui découvrit lAméri-que duNord [1498].Il accorda à plusieurs villes lexemptiondelà loi qui défendait au père de mettre son fils en apprentis-sage, à moins davoir vingt schellings de rente en fonds deterre. Ainsi, au moment Henri VII fonde la toute-puis-sance des Tudors sur labaissement de la noblesse, nousvoyons commencer lélévation des communes qui, dans unsiècle et demi, renverseront les Stuarts.

Le temps était loin encore lautre royaume de laGrande-Bretagne parviendrait à un ordre aussi régulier.