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Précis de l'histoire moderne : ouvrage adopté par le Conseil Royal de l'université, et prescrit pour l'enseignement de l'histoire moderne, dans les collèges royaux et dans tous les établissements d'instruction publique / par M. Michelet
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pouvoirs qui lui avaient été donnés, Ximénès leur montrantd’un balcon un train formidable d’artillerie : Vous voyez,dit-il, mes pouvoirs!

Les Flamands choquèrent l’Espagne dès leur arrivée.D’abord, ils disgracièrent Ximénès expirant, et nommèrentun étranger, un jeune homme de vingt ans, pour le rem-placer dans le premier siège du royaume. Ils établirent untarif de tous les emplois, et mirent, pour ainsi dire, l’Es-pagne à l’encan. Charles prit le titre de roi sans attendrel’aveu des côrtès. Il convoqua celles de Castille dans uncoin de Galice; demanda un second subside avant qu’oneût payé le premier; l’arracha par la force ou la corruption,et partit pour prendre possession de la couronne impériale,sans s’inquiéter s’il laissait une révolution derrière lui.Tolède avait refusé d’envoyer à ses cortès; Ségovie et Za-mora mirent à mort leurs députés; et telle était l’horreurqu’ils inspiraient que personnifie voulut piller leurs mai-sons. ni se souiller du bien des traîtres. Cependant le malgagnait toute l’Espagne. La Castille et la Galice entières,Murcie et la plupart des villes de Léon et de l’Estrama-dure, étaient soulevées. La révolte n’était pas moins fu-rieuse à Valence; mais elle avait un caractère différent.Les habitants avaient juré une hermandad contre lesnobles, et Charles, mécontent de la noblesse, avait eu l’im-prudence de la confirmer. Majorque imita l’exemple de Va-lence, et voulut même se livrer aux Français. Dans cesdeux royaumes, des tondeurs de draps étaient à la tête del’hermandad L

D’abord, les communeros de Castille s’emparèrent deTordésillas, où résidait la mère de Charles-Quint, et firenttous leurs actes au nom de cette princesse. Mais leurs suc-cès durèrent peu. Ils avaient demandé, dans leurs remon-trances, que les terres des nobles fussent soumises auximpôts. La noblesse abandonna un parti dont la victoire lui

1 Ferreras, xir partie, t. x de la traduction, p. 579, 609