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faisait toute leur existence, était précaire. N’étant ni agri-coles, ni manufacturières, ne pouvant que transporter etdébiter des produits étrangers, elles se trouvaient dépendrede mille accidents naturels ou politiques qu’aucune pré-voyance ne pouvait prévenir. Ainsi, le hareng, qui-, vers lequatorzième siècle, avait quitté les côtes de Poméranie pourcelles de Scanie, commença, au milieu du quinzième, àémigrer des côtes de la Baltique vers celles de l’Océan duNord. Ainsi la soumission de Novogorod et de Piescow autzarlwan fil [1477], la réduction de Bruges par l’armée dol’Empire vers 1489, fermèiÿnt aux Hanséatiques les deuxsources principales de leurs richesses. En môme temps lesprogrès de l’ordre public rendaient la protection de la Hanseinutile à un grand nombre de villes continentales, surtout de-puis que la constitution de l’Empire se fut affermie,vers 1495.Celles du Bhin n’avaient jamais voulu s’unir à elles; Co-logne, qui était entrée dans leur ligue, s’en sépara et de-manda la protection de la Flandre. Les Hollandais, dont lecommerce et l’industrie avaient grandi à l’ombre de laHanse, n’eurent plus besoin d’elle, quand ils devinrent su-jets des puissantes maisons de Bourgogne et d’Autriche, etcommençèrent à lui disputer le monopole de la Baltique.A la fois agriculteurs, manufacturiers et commercants, ilsavaient l’avantage sur une puissance toute commerçante.Pour défendre les intérêts de leur trafic contre ces dange-reux rivaux, les Hanséatiques furent obligés d’intervenirdans toutes les révolutions du Nord.
Le christianisme et la civilisation étant passés d’Allema-gne en Danemark, et de là en Suède et en Norwége, con-servèrent longtemps au Danemark la prépondérance sur lesdeux autres États. Les évêques suédois et norwégiensétaient les plus puissants seigneurs de ces contrées, et ilsétaient également dévoués aux Danois. Mais les rois de Da-nemark ne purent faire valoir cette prépondérance que pardes efforts continuels, qui les mettaient dans la dépendancedes nobles danois, et les obligeaient de leur faire des con-;